Blog de León Cohen Mesonero

Cuentos. Relatos. Cabos Sueltos. Apuntes. Artículos de opinión. Poemas. Microrrelatos. Reflexiones. Cartas.

sábado, 1 de agosto de 2026

L´esprit de ma ville

 

“L´enfance et l´adolescence façonnent notre moi le plus profond et font de nous pour toujours ce que nous sommes et serons   - Léon Cohen

 

L´esprit de ma ville

 

L'esprit de ma ville est la lumière aveuglante de ses rues en été, les feuilles mortes sur l'Avenue des Palmiers en automne, autour des bars Perico et Canaletas...

L'esprit de ma ville est la bravoure de la mer contre la Barre, les lumières des bateaux à l'horizon de notre mer infinie les nuits d'été, les promenades au coucher du soleil sur le « Balcón del Atlántico »  ou vers les « Viveros » ...

L'esprit de ma ville ce sont les jeux d'enfants, le «palitroque » (jeux de quilles), « me las castro », les « guérillas », les « huitis », le jeu du « vice » et les billes (sepli, nacle, piola)...

L'esprit de ma ville c'est ses gens et ses fêtes, une certaine joie de vivre qui se révélait dans ses gymkhanas, ses fêtes, la nuit de Saint Jean, les noces musulmanes nocturnes, les gnawas, les danses à la salle de « l'Unión Española », les parties  (réunions joyeuses entre adolescents), Pourim au Casino Israélite, baignade à « l'Otra Banda », les spectacles au « Teatro España », le football à « Santa Bárbara », le « Zoco Chico » à la tombée de la nuit (bénies soient les aloses  fraîchement pêchées)...

L'esprit de ma ville, c'est le dimanche matin: les cireurs de chaussures de la ruelle  Rosendo et del Pozo, les lectures à l'Union Espagnole, la séance continue, non-stop, au Cinéma Idéal...

L'esprit de ma ville, ce sont ses bars : Le Central, le Selva, le Cocodrilo,    le Mauri, le Cuatro Caminos, la Marquesina...

L'esprit de ma ville sont ses noms de lieux : L'Hôtel España, La Zamorana, Claudio Berjón, Panadería Alarios, Garaje Mártinez, Garaje Recober, Libreria Damián, les épiceries d'Antonio Español et Carmelo Rosendo, Almacenes (magasins) Pulido, la pharmacie Amselem, Zapatería Bata , l´imprimerie Cremades, la droguerie El Yunque, Patisserie Ayuso, Mi Sastre (Mon tailleur), La Bandera Española, Casa Martinez, la pharmacie  Albarracín, le Cinéma Ideal, le Cinéma Coliseo, le Cinéma Avenida, Casa Ros, la glorieuse équipe du Chabab (Facundo, Buchaib, Said, Riahi, Montero , Emilín), Zapatería Companys, El Chivato, Emquíes, Kassem, la Compagnie Lukus, l'Usine de Farine, Las Navas, Cuatro Caminos, La Cuesta del Aguardiente, La Escañuela, La Guagua ...

L'esprit de cette ville est beaucoup plus, c'est ce qui nous habite et nous accompagne à nous tous, ceux qui, autrefois, en faisaient partie. C'est ce qui, un matin en se réveillant ou un soir en tournant un coin de rue, resurgit et renaît en chacun de nous qui, en la quittant, emportâmes avec nous un petit morceau de l'âme de cette ville.

                                  

 

 

 

Promenade sentimentale à travers les rues de la mémoire

 

 

"Les rues de l'enfance sentent la nostalgie. Notre mémoire est pleine de portes entrouvertes où règnent fantômes et mystères à dévoiler".    Léon Cohen

 

Promenade sentimentale  à travers les rues de la  mémoire

 

J'ai garé la voiture sur la Plaza de España. Je suis sorti et j'ai respiré profondément, comme si je voulais retrouver les odeurs perdues dans les jardins de mon enfance, comme si je voulais récupérer  l'air de tant d'années passées dans un exil non voulu mais inévitable, loin de ma ville. Il s'agissait d'un voyage projeté depuis de nombreuses années, et toujours, pour une raison ou une autre, reporté. Mais j'étais enfin à Larache, la ville où je suis né et où j'ai passé mon enfance et mon adolescence. J'étais venu seul, car personne sauf moi aurait pu faire cette promenade dans le temps. Lentement, comme si je mesurais chaque pas, j’étais enfin prêt à atteindre l’objectif de mon voyage.

J'ai pris la rue qui commençait par la boutique du tailleur "Mi Sastre" (mon tailleur était un grand homme chauve aux cheveux gris malgré sa calvitie), laissant l'Union espagnole sur mon flanc gauche, et, marchant sur le flanc droit, je suis passé devant le Bar Selva, j'ai jeté un coup d'œil à l'intérieur et j'ai pu constater que les frères Selva, celui aux lunettes et celui au sourire figé, étaient toujours là, dans la brèche, j'ai salué Momi, le barman, que j'ai trouvé un peu trop vieilli. Puis je me suis arrêté devant la vitrine de la Zapatería Companys, le père de ma copine Margarita se tenait comme d’habitude dans l'embrasure de la boutique, grand et droit, avec son inhalateur autour du cou et vêtu d'une cravate et d'un gilet bleu. Pendant un instant, je me suis souvenu de sa voix, mi-rauque, mi-tonitruante, et de sa démarche, avec ses pieds se faisant légèrement face et sa main gauche posée sur sa poitrine. J'ai également pu verifier que la vitrine présentait encore une paire de chaussures Gorila  et des sandales en  crêpe. J'ai continué à monter la petite pente jusqu'au coin, où la plaque du cabinet d'avocats brillait encore et conservait un certain éclat, ainsi que la maison, celle que j'avais toujours associée au juge Don Manuel Moreno Garzusta,.  De ce coin, on pouvait distinguer, en regardant à gauche et au fond, l'imprimerie Cremades, l'homme à la démarche manifestement boiteuse, un peu plus haut, la pharmacie Albarracin, dont je n'ai jamais su l'identité car  je l’ai toujours pris por son assistant de pharmacie : un homme rondouillard en blouse blanche, avec une moustache touffue et soigneusement arrangée par le peigne, en regardant à droite, sur la pente, je pouvais deviner la boutique de Balaguer et presque toujours à la porte, une de ses  filles ou Delmas, son gendre, qui, avec son teint foncé, ses cheveux couleur de jais et très raides, m'a toujours semblé un indien de Bombay. J'ai traversé la route et en chemin je suis tombé sur la bodega de Salomón Fereres, j'ai regardé à l'intérieur et j'ai pu distinguer sa silhouette de beau renard argenté. Je suis ensuite passé devant un atelier de vélos et de motos, laissant sur ma gauche ce qui deviendra plus tard la Bourraquía (un marché de tissus, de vêtements et d'articles ménagers).  Je me suis souvenu que dans la ruelle à ma droite, vivait autrefois M. Benchluch, le praticien, que  j´ai eu l´occasion de visiter  avec mon père pour m´administrer une injection urgente. Cet homme de petite taille, légèrement voûté, à la voix grave et au nez pointu et excessif, s'adonnait au petit rituel de la désinfection des aiguilles et de la préparation de la seringue avec parcimonie, insufflant au patient à la fois sécurité et crainte.  Arrivé au petit rond-point, je me suis arrêté pour contempler les quatre rues qui en découlaient. D'un côté, la rue du Cinéma Avenida, où se trouvaient, entre autres, le commissariat de police et la maison Torres, à ma droite, la rue qui menait à la pharmacie Coliseo et finalement à la place du marché conçue par l'architecte Bustamante. J'ai continué tout droit, laissant sur le côté l'interminable palais de la Duchesse de Guise. Les petits voyous que nous étions alors, sautaient les barrières qui menaient à la rue adjacente, la rue où vivait Rubén le chauffeur de la compagnie Lukus, le plus grand homme de Larache et du monde, pour nous promener dans les jardins, défiant le gardien qui, disaient les plus expérimentés, tirerait sur les enfants avec un fusil à sel. Au premier tournant, quelques mètres plus bas, il y avait encore l'atelier de repassage de mes "cousines tantes" Simy et Allo, dont je me suis rappelé avec la tendresse qu'elles ont toujours méritée. Puis je suis passé a côté des bâtiments dans le temps vivait mon ami Carlitos, fils d'un policier, qui se  montrait vraiment très dérangé  quand j’allais  chercher son fils pendant la sieste. Au bout du palais, un autre carrefour, à ma droite la rue où vivait la famille Pérez. Je n'ai pas pu oublier cette nuit du dîner d'adieu chez ma grand-mère Luna, je me souviens comment ces jeunes émigrants riaient et plaisantaient à table, pour cacher leur nervosité et leur anxiété, dans la pénombre, qui était ce qui abondait dans ces années sombres. Le lendemain, ils partaient pour le  Venezuela, vers une destination incertaine, c'était en 1956, et parmi eux, je me souviens, malgré mon petir âge, de Baldomero, de Pérez et de mon père. Mon père est rentré au bout d'un an, mais Pérez est resté et a disparu pour sa famille  à jamais, tandis que de Baldomero,  on n'a plus entendu parlé de lui.

J'ai accéléré le pas et en quelques minutes j'étais au deuxième rond-point, celui des écoles des Maristes et des Sœurs, dans le premier j'ai joué au football (ces dribbles que nous faisions en lançant le balon contre les murs des classes qui limitaient le terrain, je me souviens avec précision que Tuito était un maître dans cet art) ; dans le deuxième, ma cousine Flora étudiait, et plus d'une fois j'ai assisté aux parties de basket entre filles.

Soudain je me suis arrêté  et je me suis rendu compte pour la première fois que l'image fixe de la rue s'était depuis longtemps effacée. J'ai appris que la réalité était tout à fait différente et que  j’étais en train de faire  un voyage sentimental où tout ce que je racontais  avait éxisté  mais n'était désormais plus rien. Mais je n'avais pas trop envie de voir l'évidence, alors j'ai décidé de suivre ma propre route. En haut de la pente, à ma droite se trouvait le Patronato et un petit terrain en terre battue où j'ai commencé à montrer mes dribbles diaboliques à l'âge de quinze ou seize ans. Je commençais enfin à bien jouer, même si c'est à Tanger, deux ans plus tard, que j'ai explosé et donné tout ce que j'avais appris pendant tant d'années. En traversant cette petite esplanade on pouvait arriver si mon souvenir  était fidéle, a la plage du Matadero. Ensuite, le rond-point des Viveros, à ma droite l'entrée du parc et à côté, la Hípica, où tant de fois j'ai accompagné mon père pour le tir au plateau d'argile et au  tir au pigeon aussi. Mon père était  un habitué ainsi qu'un bon tireur. Á gauche, une grande étendue de terrain vague que les petits utilisions comme raccourci pour nous rendre chez nous à la rue  Barcelona.

Dans ces champs découverts se déroulaient nos  guérillas de moros et cristianos, qui consistaient á nous lancer toutes sortes de  cailloux, desquels nous nous protégions parfois avec des boucliers en bois, parfois réels et parfois imaginaires, car imagination nous en avions à revendre. Mon voisin, Pepe Ortega Padilla, était notre chef. Plus loin, une série de maisons mitoyennes qui m'ont toujours semblé être des pavillons militaires, et un peu plus loin, au bout de nulle part, les trois cimetières, les cimetières des trois cultures, celles qui ont fait de l'Espagne et de l'Andalousie des grandes parmi les grandes, il y a des siècles. J'avais atteint la fin de la première étape de mon voyage sentimental et imaginaire sur les chemins de la mémoire. Je me suis promis de revenir pour visiter d'autres endroits.

                                    

 

 

 

 

Ensayo sobre el cuento "La Librairie des Colonnes". Versión 2

 

A propósito de la “Librairie des Colonnes”

 como ejemplo para una reflexión sobre la creación literaria.

“En el cuarto y último bloque narrativo aparecen los relatos del narrador menos autobiográfico y más virtuoso, el mago de las palabras, el malabarista, el hacedor, el creador de personajes con vida propia.” Gloria Nistal en el prólogo de Crónica de un reencuentro.

“-También cultivamos en este club la palabra precisa, el giro justo, la metáfora, el matiz, la claridad del concepto, la frase fluida, las dicotomías del pensamiento, la ironía, la riqueza descriptiva, la paradoja…Todos aquellos elementos del lenguaje y del pensamiento, que enriquecen la expresión literaria y la expresión a secas, y  elevan el nivel de la palabra desde  mera herramienta de comunicación  hasta convertirla en arte, añadió Isabelle Gerofi. Y lo hacemos en varios idiomas, como buenos tangerinos.” La Librairie des Colonnes

 

1.- INTRODUCCIÖN

Sirvan las palabras, en el encabezado, de Isabelle Gerofi, convertida en  personaje del cuento, para resumir aspectos fundamentales de la creación literaria. A mi entender, ésta se origina en la necesidad de contar con un propósito definido, aunque su desarrollo pueda conducir a situaciones no previstas e inesperadas y sobre todo sorprendentes. También puede ser provocada por una situación, un lugar, un recuerdo o incluso un pensamiento. Toma forma pasado un tiempo más o menos largo, y una vez iniciada, el camino se va transformando y definiendo a base de idas y venidas en la mente del creador.

Permítaseme, a modo de introducción, citarme entre comillas, y reproducir algunas reflexiones pasadas sobre el tema, ya que éstas resumen de manera adecuada aunque ciertamente algo deslavazadas, mis opiniones.

“La labor del que escribe no es una línea recta y continua, sino más bien un recorrido lleno de obstáculos, de altos en el trayecto, de silencios y de idas y venidas sin fin y sin objeto. El escritor reflexionó sobre los caminos inesperados a los que las palabras podían conducirle cada vez que éste se sumergía en los misterios de la escritura. También aprovechó para detenerse sobre el realismo mágico en literatura y sobre las complejidades del proceso de creación  y las ilimitadas posibilidades que brinda al creador.”

“En este juego de creación literaria, me he podido permitir el lujo de hacer casi todo lo que me sugería mi imaginación en cada momento. Incluso hacer malabarismos con las palabras o crear situaciones antes insospechadas por mí mismo. Y he podido descubrir que la  imaginación de un creador puede llegar a asombrarle cuando la pone a  prueba  y  le plantea retos a priori insalvables.”

“Ha sido una pequeña tarea intensa aunque gratificante, con un recorrido sinusoidal, donde las cimas y los valles se han repetido durante todo el proceso de escritura. Las dudas, el deseo de abandonar, el desaliento, la soledad, la voluntad de seguir, y algunos momentos que yo llamo de “euforia narrativa”, me han perseguido. Quizás escribir fuera en definitiva un ejercicio de vida donde se mezclaban paradójicamente dosis de egocentrismo y narcisismo con alícuotas de altruismo y de empatía. Escribir era para él, una expresión innegable de alteridad durante todo el trayecto creativo.”

2.- La LIBRAIRIE DES COLONNES

En el año 2015 el escritor se hospedó durante un fin de semana en Tánger, en el hotel Rembrandt, un clásico en pleno Boulevard Pasteur, situado a unos metros de la Librairie des Colonnes. Recordó que la librería estaba en la planta baja de un edificio que para él fue familiar en determinada época de su juventud, con apenas 19 años. Durante un curso académico, acudió diariamente a estudiar con un amigo a un local que se hallaba en la primera planta.

A su vuelta de la corta estancia en Tánger empezó a pergeñar lo que más tarde se convertiría en su relato más fantasmagórico y un claro ejemplo de realismo mágico: La Librairie des Colonnes. Es sobre este relato sobre el que pretendo centrar mi análisis y mi reflexión sobre la creación literaria. En primer lugar quiero establecer algunos conceptos que considero primordiales para explicar mi argumentación: el antes y el después de escribir el cuento, donde el antes solo puede pertenecer al discurrir del autor y el después, que es potestad del lector o del crítico. Se trata pues de la diferencia entre lo que el escritor imagina y construye con titubeos, tropiezos, desazón y mayor o menor  aliento según los días; y el resultado final, que tiene más que ver con el análisis del lector y sus interpretaciones.

En este cuento aparece una trastienda en la librería, que solo está en la mente del autor, pero que será  clave en el desarrollo del cuento, permitiéndole a aquel dar rienda suelta a su imaginación para crear situaciones mágicas y encuentros imposibles, a medio camino entre ficción y realidad. Si el escritor describe la trastienda como un lugar amplio (como su imaginación) con gentes diversas, es porque con este recurso, su inventiva no tendrá a priori límites ni físicos ni mentales para desarrollar cuanto le plazca  y decida, en cada momento de su discurrir. Como ejemplo de lo expresado, los ficticios intercambios dialógicos  con Chukri y con Ángel Vázquez .

Otro elemento importante del relato es el de viaje y recuperación de un pasado cuyos personajes, entre otros las hermanas Gerofi y Rachel Muyal,  se revelan no solo como guardianes de la librería que gestionaron en épocas diferentes, sino también de un tiempo perdido difícil de acotar, sin fecha ni caducidad, y por tanto indefinido, que parece corresponder al del esplendor de Tánger. Como si ese esplendor fuera eterno e indestructible, y no más bien y sobre todo, el producto de la nostalgia de aquellos que tuvieron la dicha de vivir y disfrutar en algún momento de sus vidas de aquella ciudad encantada. El cuento acaba adquiriendo diversas lecturas y dimensiones, donde la trastienda es un club privado pero también puede interpretarse como  la imaginación del escritor, o también cabe citar las distintas versiones del Tánger añorado, según Chukri, Vázquez o Cohen. Finalmente, se me ocurre evaluar cuanto de realidad frente a ensoñación o magia, hay en el cuento. Yo concluiría que en este caso, la ensoñación me ha servido para contar una realidad que existió, y de la que hay múltiples testimonios. Yo mismo dudo ahora, de si la historia que cuento sobre Juanita y su madre y sobre la negra que la amamantó es cierta o inventada. ¿Qué más da? También hace parte como todo el cuento del realismo mágico. ¿O son acaso reales Juanita y Sol? ¿Y Tánger fue real o inventada? Chi lo sa. Como dice Sol en uno de sus múltiples monólogos: “Esta ficción multidimensional y transversal solo es posible cuando tiene lugar el milagro de la creación literaria.”

 

 

miércoles, 29 de julio de 2026

Y ser como una estrella inaccesible y alta, alumbrando en silencio. Una antología.

 Adjunto enlace al libro  y mi colaboración en la página 70. 

Edición y prólogo de

Diego Castillo Barco y Pedro Luis Ibáñez Lérida. Proyecto Encuentro Letras Celestes. Abril 2026

👉Y ser como una estrella inaccesible y alta, alumbrando en silencio. Una antología.


                    SILENCIO

[…] Podemos ser dos silencios tan juntos,

que nadie sienta que ese silencio

de alrededor es doble, porque

dos voces callándose, lo forjaron

para entenderse mejor.

Pedro Salinas


Ese silencio tenso

que rompe las

palabras, que aleja

las miradas, que

calla las sonrisas.

Silencio, y tus manos

tan cerca de las mías.

Silencio, y tus labios

tan próximos.

Silencio... y ese

enorme deseo de

abrazarte.

Silencio...


miércoles, 22 de abril de 2026

Ensayo sobre el cuento "La Librairie des Colonnes". Versión 1


 

A propósito de la “Librairie des Colonnes”

 como ejemplo para una reflexión sobre la creación literaria.

“En el cuarto y último bloque narrativo aparecen los relatos del narrador menos autobiográfico y más virtuoso, el mago de las palabras, el malabarista, el hacedor, el creador de personajes con vida propia.” Gloria Nistal 

“-También cultivamos en este club la palabra precisa, el giro justo, la metáfora, el matiz, la claridad del concepto, la frase fluida, las dicotomías del pensamiento, la ironía, la riqueza descriptiva, la paradoja…Todos aquellos elementos del lenguaje y del pensamiento, que enriquecen la expresión literaria y la expresión a secas, y  elevan el nivel de la palabra desde  mera herramienta de comunicación  hasta convertirla en arte, añadió Isabelle Gerofi. Y lo hacemos en varios idiomas, como buenos tangerinos.” La Librairie des Colonnes

 

1.- INTRODUCCIÓN

Sirvan las palabras, en el encabezado, de Isabelle Gerofi, convertida en  personaje del cuento, para resumir aspectos fundamentales de la creación literaria. A mi entender, ésta se origina en la necesidad de contar con un propósito definido, aunque su desarrollo pueda conducir a situaciones no previstas e inesperadas y sobre todo sorprendentes. También puede ser provocada por una situación, un lugar, un recuerdo o incluso un pensamiento. Toma forma pasado un tiempo más o menos largo, y una vez iniciada, el camino se va transformando y definiendo a base de idas y venidas en la mente del creador.

Permítaseme, a modo de introducción, citarme entre comillas, y reproducir algunas reflexiones pasadas sobre el tema, ya que éstas resumen de manera adecuada aunque ciertamente algo deslavazadas, mis opiniones.

“La labor del que escribe no es una línea recta y continua, sino más bien un recorrido lleno de obstáculos, de altos en el trayecto, de silencios y de idas y venidas sin fin y sin objeto. El escritor reflexionó sobre los caminos inesperados a los que las palabras podían conducirle cada vez que éste se sumergía en los misterios de la escritura. También aprovechó para detenerse sobre el realismo mágico en literatura y sobre las complejidades del proceso de creación  y las ilimitadas posibilidades que brinda al creador.”

“En este juego de creación literaria, me he podido permitir el lujo de hacer casi todo lo que me sugería mi imaginación en cada momento. Incluso hacer malabarismos con las palabras o crear situaciones antes insospechadas por mí mismo. Y he podido descubrir que la  imaginación de un creador puede llegar a asombrarle cuando la pone a  prueba  y  le plantea retos a priori insalvables.”

“Ha sido una pequeña tarea intensa aunque gratificante, con un recorrido sinusoidal, donde las cimas y los valles se han repetido durante todo el proceso de escritura. Las dudas, el deseo de abandonar, el desaliento, la soledad, la voluntad de seguir, y algunos momentos que yo llamo de “euforia narrativa”, me han perseguido. Quizás escribir fuera en definitiva un ejercicio de vida donde se mezclaban paradójicamente dosis de egocentrismo y narcisismo con alícuotas de altruismo y de empatía. Escribir era para él, una expresión innegable de alteridad durante todo el trayecto creativo.” Como sugiere  Jacobo Israel Garzón en el prólogo de uno de mis libros: “ El lector hará bien en leer este libro con calma y tranquilidad, intentando penetrar en el texto y en las vivencias del autor, intentando comprender al otro que siempre, siempre, está presente en el texto de León Cohén.” 

2.- La LIBRAIRIE DES COLONNES

En el año 2015 el escritor se hospedó durante un fin de semana en Tánger, en el hotel Rembrandt, un clásico en pleno Boulevard Pasteur, situado a unos metros de la Librairie des Colonnes. Recordó que la librería estaba en la planta baja de un edificio que para él fue familiar en determinada época de su juventud, con apenas 19 años. Durante un curso académico, acudió diariamente a estudiar con un amigo a un local que se hallaba en la primera planta.

A su vuelta de la corta estancia en Tánger empezó a pergeñar lo que más tarde se convertiría en su relato más fantasmagórico y un claro ejemplo de realismo mágico: La Librairie des Colonnes. Es sobre este relato sobre el que pretendo centrar mi análisis y mi reflexión sobre la creación literaria. En primer lugar quiero establecer algunos conceptos que considero primordiales para explicar mi argumentación: el antes y el después de escribir el cuento, donde el antes solo puede pertenecer al discurrir del autor y el después, que es potestad del lector o del crítico. Se trata pues de la diferencia entre lo que el escritor imagina y construye con titubeos, tropiezos, desazón y mayor o menor  aliento según los días; y el resultado final, que tiene más que ver con el análisis del lector y sus interpretaciones.

En este cuento aparece una trastienda en la librería, que solo está en la mente del autor, pero que será  clave en el desarrollo del cuento, permitiéndole a aquel dar rienda suelta a su imaginación para crear situaciones mágicas y encuentros imposibles, a medio camino entre ficción y realidad. Si el escritor describe la trastienda como un lugar amplio (como su imaginación) con gentes diversas, es porque con este recurso, su inventiva no tendrá a priori límites ni físicos ni mentales para desarrollar cuanto le plazca  y decida, en cada momento de su discurrir. Como ejemplo de lo expresado, los ficticios intercambios dialógicos  con Chukri y con Ángel Vázquez .

Otro elemento importante del relato es el de viaje y recuperación de un pasado cuyos personajes, entre otros las hermanas Gerofi y Rachel Muyal,  se revelan no solo como guardianes de la librería que gestionaron en épocas diferentes, sino también de un tiempo perdido difícil de acotar, sin fecha ni caducidad, y por tanto indefinido, que parece corresponder al del esplendor de Tánger. Como si ese esplendor fuera eterno e indestructible, y no más bien y sobre todo, el producto de la nostalgia de aquellos que tuvieron la dicha de vivir y disfrutar en algún momento de sus vidas de aquella ciudad encantada. El cuento acaba adquiriendo diversas lecturas y dimensiones, donde la trastienda es un club privado pero también puede interpretarse como  la imaginación del escritor, o también cabe citar las distintas versiones del Tánger añorado, según Chukri, Vázquez o Cohen. Finalmente, se me ocurre evaluar cuanto de realidad frente a ensoñación o magia, hay en el cuento. Yo concluiría que en este caso, la ensoñación me ha servido para contar una realidad que existió, y de la que hay múltiples testimonios.

  En este punto, me parece interesante y oportuno recurrir a comentarios del escritor Sergio Barce sobre el relato:

“Mi amigo y paisano León Cohen hizo, no hace mucho, un viaje a Tánger, otro viaje más de regreso. Él, un larachense que vivió parte del viejo esplendor del Tánger más decadente, recrea en este texto un curioso periplo a través del tiempo y del espacio. El encuentro imposible con Mohamed Chukri y con Ángel Vázquez, le sirve a León para hurgar en las diferentes visiones que sobre la misma ciudad describieron esos dos autores y la suya propia. Es un ejercicio interesante, y muy aleccionador. La inserción en el relato de Sol Bensusan, ese personaje creado por León, como contrapeso a la Juanita Narboni de Vázquez, me parece tan sugerente como esclarecedora, porque, frente al resentimiento de Juanita y a la permanente venganza de Chukri, Sol, que es León, reivindica otra forma de sentir Tánger, quizá la más hermosa, o tal vez la más entrañable. Probablemente sea porque, como ella—él mismo dice, se amamantó en Larache. Un relato fascinante.”

Para continuar con la argumentación de Sergio, quisiera detenerme en el cuento, y añadir la segunda carta de Sol a Juanita, que reproduzco, y que  acaba siendo una mezcla no buscada a priori por el autor, pero sí representativa de cuanto expresa Sergio en sus comentarios y análisis: Oponiendo la gratitud de Sol a la amargura de  Juanita, y donde como primera derivada, también se intuye un guiño solapado a Ángel Vázquez y a Chukri. Yo mismo dudo ahora, de si la historia que cuento sobre Juanita y su madre y sobre la negra que la amamantó es cierta o inventada. ¿Qué más da? También hace parte como todo el cuento del realismo mágico. ¿O son acaso reales Juanita y Sol? ¿Y Tánger fue real o inventada? Chi lo sa. Como dice Sol en uno de sus múltiples monólogos: “Esta ficción multidimensional y transversal solo es posible cuando tiene lugar el milagro de la creación literaria.”

 

 Carta de Sol a Juanita

Querida Juanita: Aquí estoy de nuevo, reina. Soy tu amiga Sol. Mira “habiba”, dices que Tánger es como una caracola que va recogiendo los peores ruidos del mundo, seguramente sea verdad en parte, pero te olvidas de lo bueno mi bien, porque también recogía todos los ruidos buenos, en esa “deliciosa mentira”, como dijo alguna vez tu entrañable amigo Emilio Sanz  de Soto, cabíamos todos, los buenos, los malos y los regulares. Nadie nos preguntaba por nuestras creencias religiosas ni políticas o nuestra condición sexual. Y eso, era y sigue siendo bueno. Juanita, tu estudiaste en tres escuelas, la francesa, la italiana y la inglesa, “aiwa”, te parece poco? Trabajaste con un judío húngaro al que tú solo entendías, hablabas haquetía, qué quieres que te diga reina, eso nada más que podía pasar en Tánger. ¿Tú crees que en otro lugar del mundo, tu madre, Mariquita Molina, habría encontrado una pigmalion como Monique Boissonet, la dueña de la sombrerería en la que ella empezó? ¿Por qué esa amargura entonces, de dónde te vino ese mal que “te cayó el mazal” ?  Dicen, que si no te llega a amamantar una negra de Larache, te hubieras muerto. Ya sabía yo Juanita, que algo teníamos en común tú y yo, la leche que mamamos era del mismo sitio, de mi entrañable Larache, pero a mí parece que me sentó mejor, querida.

Y sigo con las acertadas palabras y certero análisis (difícilmente mejorable) de Sergio Barce en el prólogo del libro Tributo a dos ciudades: Larache y Tánger donde se refiere al relato objeto de estas reflexiones.

“El libro continúa con varios homenajes a personajes tangerinos que se condensan, de manera excepcional, en esa visita del propio autor a La Librairie des Colonnes. Este es un cuento que rezuma realismo mágico. Jugando entre la realidad, la fantasía y el sueño, León Cohen reúne a las Gerofi, a Chukri, a Juanita Narboni… a los tangerinos que más le han influenciado, en una suerte de reunión entre fantasmas en el Tánger fantasmal. La magia transforma este inverosímil encuentro en un acontecimiento que contemplamos con una sonrisa, casi como cómplices del ensueño de León Cohen.”

 Leyendo este relato, nos damos cuenta de que ambas ciudades provocan la misma reacción en el autor: camina por una ciudad que ya no existe, pero camina por la ciudad que sólo él ve. Y es capaz, con esta argucia, de hacernos creer que ha regresado a aquella otra que ha desaparecido para siempre, como si se resistiera al paso del tiempo.

 Cuando cerramos este libro, tenemos la sensación de haber paseado por las calles de dos ciudades que no existen pero que, sin embargo, habitan en su alma. Y nosotros somos, ni más ni menos, que los exclusivos testigos de que esas otras dos ciudades ensoñadas ya sólo siguen vivas en la memoria blanqueada de León Cohen Mesonero, alias Cohete, alias Garrincha.”

Pretendía indagar sobre el cuento desde un punto de vista literario, pero he desistido por dos razones principalmente. Una, que al repasar mis libros y más precisamente Tributo a dos ciudades y Crónica de un reencuentro, constato que  lo he dicho todo sobre la Pentalogía Tangerina y dos, porque desarrollar lo que Sergio Barce ha hecho magistralmente resultaría una redundancia innecesaria.

                                                                                   Abril 2026

 

miércoles, 29 de octubre de 2025

Carta a Miguel Ángel Nieto Solís

 Carta al autor del documental "El Último Sefardí"


        Estimado Miguel Ángel: Esta carta es un homenaje debido y necesario para mí. Me enteré por casualidad de tu fallecimiento acaecido hace unos meses. Vi el documental en TVE hace bastantes  años y quedé gratamente impresionado por su realización. Todavía no sabía que era tuyo. No recuerdo cómo aunque sí puedo imaginar porqué me localizaste para una entrevista en Algeciras, supongo que me elegirías por tener noticia de algunos de mis libros sobre Larache y Tánger. Aunque lo importante es que tuvo lugar nuestro encuentro, allá por 2017. En marzo o abril de ese año nos citamos en la playa del Rinconcillo de Algeciras sobre las cuatro o cinco de la tarde. Hacía un día esplendido de primavera. La entrevista filmada tuvo lugar en un pequeño hotel de la misma playa. La entrevista o más precisamente el monólogo, transcurrió sin grandes incidencias y sin guion previo. Me dejaste hablar durante el tiempo que quise, con algún apunte tuyo, pero nada más. Al final me pediste que leyera en la orilla de la playa  algún párrafo de un libro mío. Y te despediste con la promesa de que lo incluirías en tu próximo documental del que ya tenías el título: Tu boca en los cielos. También prometiste volver otro día para reunirte y charlar conmigo. La relación fue de simpatía mutua. Posteriormente mantuvimos una correspondencia puntual por email durante algunos años, abril 2017 a mayo de 2019, confirmando la buena impresión que nos causamos. Y no supe más de ti hasta el otro día. Por cierto, recuerdo que me comunicaste que no habías podido incluir mi entrevista en el documental antes citado porque la duración del mismo era limitada por exigencias de TVE, pero que intentarías colocarla en un próximo documental sobre la mirada singular de los escritores españoles nacidos en Marruecos como Valenzuela o Barce, entre otros. La explicación posterior que me enviaste por email me gustó más: "Cualquier creador sabe que hay cosas a las que debe renunciar en una obra en beneficio precisamente de esas cosas que omite." No pudo ser y ya importa poco. 

Ignoro exactamente por qué te escribo esta carta, como si te debiera algo o quizás para dejar constancia de que un buen día nos conocimos y nos caímos bien o muy bien. No dio tiempo a más. Por cierto que la entrevista filmada quedó perfecta, la tengo a buen recaudo. Hasta siempre Miguel. 
 

viernes, 3 de noviembre de 2023

Palabras de José Sarria

 

                    Palabras de José Sarria en octubre de 2023

                    (En la entrega del premio de la crítica al libro de relatos de Sergio Barce) 

“La historia se ha encargado de legitimar los estados y sus fronteras. Pero, existe un territorio que une a las mujeres y a los hombres mucho más allá de las delimitaciones políticas o naturales."

Ese magma inconmensurable de lugares, personajes, historias y sentimientos, ha sido el material creativo que han sabido emplear, magistralmente, autores como Tahar Ben Jelloum, Mohamed Chukri, símbolo de resiliencia a partir de su emblemática novela El pan a secas, anfitrión de la Tánger internacional que supo recibir a la pléyade de artistas y escritores de la generación beat como Paul Bowles y su esposa Jane, Tenessee Williams o William Burroughs que erigieron a Tánger, en sus noches de desenfreno existencialista, como oasis de lo imposible.

Todos ellos, unos y otros, desde Ángel Vázquez, allá por los años  60/70 con su novela La vida perra de Juanita Narboni, hasta los más recientes, León Cohen Mesonero, Rafael de Cózar, Ramón Buenaventura, Antonio Lozano, Pilar Quirosa o Lorenzo Silva, han pretendido, han intentado, describir un tiempo en tránsito, anudar una época, unas personas, sus esperanzas, sus anhelos, sus frustraciones, en un marco tan inestable, tan movedizo, como es el de las fronteras y los espacios compartidos.

JOSÉ SARRIA . 2023.

 


sábado, 7 de octubre de 2023

MISCELÁNEAS: Nuevo libro . Octubre de 2023







Índice

Pequeño apunte sobre mi obra literaria................................ 9

Prólogo. La Literatura de la diversidad en León Cohen...... 17

1. Aliosha: Trilogía

Capítulo 1. Larache: Primeros pasos..................................  24

  Capítulo 2. Zoco-el-Arba: El internado................................. 29  

        Capítulo 3. Rabat: Los Liceos Gouraud, Regnault  Descartes..35 

 

2. Relatos y cuentos

De la Otra Banda al Rinconcillo. Paseo por las dos orillas. 47

La boda de mi amigo Leonardo.......................................... 50

El Balcón de Luna............................................................... 53

Retrato de Algeciras 1968-70.............................................. 57

El Libro de las Palabras Mágicas........................................ 63

El hombre que no mató a Bocanegra...................................69

 

3. Apuntes

El chico de la Otra Banda.................................................. 77

Se lo enseñaré a Fernando, comentó José Luis.................79

Rappelle toi Barbara... ....................................................... 81

55 Aniversario del 10 de febrero de 1968.......................... 83

Younés............................................................................... 85

Crónica de una foto............................................................ 87

Apunte sobre Albert Camus............................................... 90

Viaje de vuelta al tiempo perdido....................................... 93

El universo literario............................................................. 96

Mi generación: Collage......................................................98

Apunte sobre “Crónica de una utopía”...............................99

Javier Marías 1951-2022................................................. 101

A vueltas con la ubicación............................................... 103

Llanto............................................................................... 106

Háblame de tus amigos de juventud, abuelo.....................107

Aforismos 2021..................................................................108

 

4. Relatos futboleros

Mi relación con el fútbol...................................................113

Anexo: La Carta...............................................................118

Inolvidable Pepe...............................................................120

Los zurdos y el fútbol........................................................122

A propósito del Mundial de Brasil.....................................124

Inolvidable Eusebio...........................................................126

A propósito de Don Alfredo...............................................128

De vuelta al Souani...........................................................130

El Genio.............................................................................132

 

5. Anexo

El Alquimista.................................................................... 137

Camisas mojadas..............................................................150

Crónica de una utopía.......................................................153



 

Carta de un ciudadano corriente

  "Yo soy un hombre que ha salido de su casa por el camino, sin objeto, con la chaqueta puesta al hombro, al amanecer, cuando los gallo...